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 il n’y a pas une seule âme civile à Iférouane :

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Date d'inscription : 02/08/2007

MessageSujet: il n’y a pas une seule âme civile à Iférouane :   Jeu 29 Nov 2007, 02:38

Pour essayer de comprendre ce qui ce passe à Agadez et au nord du Niger à la suite de déclaration du MNJ la lutte armée pour créer la première république Amazigh de l'histoire TIMOUJGHA, vous voici un article apparu vendredi le 23 novembre 2007 dans le bimensuel Alternative

A 300km d’Agadez, la localité d’Iférouane située au pied du Mont Tamgak, la montagne qui sert de base arrière aux rebelles du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) connaît depuis le déclenchement du conflit en février dernier une situation délicate.Traumatisées par l’insécurité permanente qui plane sur leur village, les populations ont depuis deux mois décidé de fuir la zone pour se réfugier dans les vallées du massif de l’Air ou partir parfois à pied vers Agadez et Arlit. Sur place, la situation alimentaire et sanitaire se dégradede jour en jour.
Pour en savoir plus nous nous sommes entretenus avec Brigi Rafini, Député national et Maire de la Commune d’Iferouane.
« …il n’y a pas une seule âme civile à Iférouane »
La localité d’Iférouane qui est prise en sandwich depuis le début du conflit armé dans le Nord entre les feux de l’armée régulière et ceux des rebelles du MNJ se vide a t- on appris de ses populations. Cet exode massif n’est pas sans conséquences sur la situation alimentaire et sanitaire de ces populations. Alors comment se présente actuellement cette situation ?
La situation à Iférouane est très préoccupante en ce moment. Je suis très inquiet. D’abord en tant que maire de cette commune, puis en tant que député mais aussi en tant que citoyen tout court.
Depuis deux mois la Commune traverse une situation délicate et préoccupante.
Les populations qui ne se sentent plus en sécurité, ont commencé à se déplacer vers d’autres zones. Au moment où je vous parle, il n’y a pas une seule âme civile à Iférouane. Certaines familles ont fui vers les villes d’Arlit et Agadez, souvent à pied, d’autres ont préféré se refugier dans les vallées, au pied des montagnes. C’est très inquiétant, parce que ces personnes sont démunies. Elles sont sans possibilité de soins de santé en cas de maladie, sans vivres, sans abris décents et sans couvertures surtout en cette période de grand froid.
Malheureusement, leur situation n’est pas connue de tout le monde. Et nous ne voulons pas aussi trop crier sur les toits pour envenimer les choses. Nous préférons laisser les autorités se pencher sur ce problème de manière sereine, afin de lui trouver une solution durable.
Vous aviez pourtant tiré cette sonnette d’alarme depuis plusieurs mois !
Le problème n’est pas aussi simple que l’on pense car Iférouane se situe au pied du Mont Tamgak. Et malheureusement, c’est là que le Mouvement Nigérien pour la Justice (MNJ), a choisi comme base arrière. Ce qui complique et aggrave la situation des populations de la commune qui sont devenues, depuis, les otages du conflit qui sévit dans leur région.
Aussi, la forte présence des patrouilles de tous genres et la dissémination des mines anti personnelles et antichar, ont rendu les routes difficilement accessibles aux transactions commerciales et aux secours humanitaires.
Le gouvernement impute lui, cette situation au MNJ. Qu’en pensez-vous ?
Tout naturellement, le gouvernement ne peut qu’accuser le MNJ. Tout le monde sait qu’il y’a un conflit armé dans la partie septentrionale de notre pays, que des Nigériens ont décidé de mettre la loi de côté pour se constituer en rébellion armée.
Ils ont des griefs, des revendications, un certain nombre de choses qu’ils veulent voir résoudre par les armes. Nous avons toujours dit que ce n’est pas la meilleure voie. Et le gouvernement dit aussi la même chose. Mais nous sommes tous devant un fait : il s’agit aujourd’hui de trouver une solution rapide à ce conflit, parce que plus on traîne, plus la situation des populations de la région ne fait que se dégrader. Or nous sommes censés tous être au service des populations nigériennes que nous ne devons pas prendre en otage. Nous ne devons pas, par nos actes, les mettre dans une situation comme celle que vivent les habitants d’Iferouane.
Est-ce qu’il y-a eu des secours humanitaires ?
Des tentatives oui, parce qu’au mois d’août une aide de soixante tonnes de vivres a été acheminée sous escorte militaire. A cette aide, s’ajoute le don fait par les ressortissants d’Iférouane à Agadez et Arlit et dans d’autres localités du pays. Ces dons distribués aux populations restées sur place ont été acheminés dans des conditions extrêmement difficiles.
Mais à vrai dire, c’est insignifiant. D’autres tentatives ont suivi mais ont lamentablement échoué. Parce qu’ une fois encore le terrain n’est pas accessible, notamment par les grands axes. Ce qui n’a pas permis à nous autres et à certains organismes humanitaires d’apporter librement leurs aides. Pour le moment, il n’existe pas de corridor permettant d’acheminer l’aide humanitaire. Sinon qu’il faut passer par le convoi militaire, or ça, c’est une autre question.
Qu’en est-il du corridor humanitaire proposé par le MNJ ?
Pour des raisons que nous ignorons, ceci a été dit mais pas réalisé. C’est tout que je peux dire.
Qu’est ce que vous comptez faire maintenant en tant que Député-maire de cette commune pour sauver ces populations ?
Pas grand chose hélas. Nous avons toujours plaidé pour la recherche d’une solution rapide et durable au conflit. Mais des circonstances particulières ne nous ont pas permis d’atteindre cet objectif. Parce que nous avons eu des difficultés à faire rapprocher les points de vue des belligérants. Même s’il est vrai qu’on a enregistré quelques timides progrès, nous ne sommes pas encore arrivés au bout du tunnel.
En Septembre dernier, vous aviez pris l’initiative de conduire avec d’autres députés de la région d’Agadez une mission auprès des rebelles du MNJ. Cette mission n’a pas abouti. Pourquoi ?
La mission n’a pas abouti parce qu’au moment où nous sommes allés à leur rencontre, ils ont été, semble t-il, appelés dans un pays voisin, où ils sont restés assez longtemps. Nous les avons attendus pendant une dizaine de jours. Mais avec les impératifs de l’ouverture de la session parlementaire, nous avons rebroussé chemin en envisageant de reporter la mission à une date ultérieure.
Avant cette mission qui n’a pas abouti comme vous le dites, vous aviez effectué une autre en août dernier en Libye, cette fois ci avec une délégation des chefs traditionnels, pour demander l’implication de Kadhafi dans le règlement du conflit. A votre retour à Niamey, vous aviez déclaré, on se rappelle, sur les ondes des médias d’Etat que « les autorités libyennes sont très avancées dans les négociations avec le MNJ ». Vos propos avaient nourri à l’époque l’espoir d’un retour imminent de la paix dans le Nord. Depuis, plus rien, c’est le statu quo. Est-ce à dire que le colonel Kadhafi a renoncé à s’impliquer dans la négociation ?
C’est toujours dans nos tentatives de recherche d’une solution négociée au conflit que nous nous sommes rendus en Libye pour demander au Guide Kadhafi qui est le grand médiateur de la Cen Sad (NDLR : la communauté des Etats sahélo-sahariens dont est membre le Niger) d’aider le Niger à sortir de ce conflit fratricide. Il avait en son temps fait beaucoup de promesses, il s’est même engagé avec beaucoup de volonté. Ce qui a permis la libération d’une vingtaine de militaires, prisonniers du MNJ. Cela nous avait donné espoir. Malheureusement, cette volonté du Guide libyen à trouver une solution au conflit dans le Nord de notre pays n’a pas abouti, jusqu’à présent, à des résultats perceptibles et significatifs. Ce qui ne veut pas dire qu’il a renoncé à s’engager dans la résolution du conflit. Comme vous le savez, le processus de paix, c’est quelque de chose d’extrêmement lourd et long. C’est toujours facile de déclencher un conflit, mais il reste toujours difficile d’y mettre fin.
On parle de négociations secrètes qui sont entreprises actuellement par des médiateurs extérieurs.
Entre les Etats il y’a toujours des démarches qui sont entreprises. Je n’ai pas connaissance officiellement d’une quelconque médiation entreprise en faveur d’un retour à la paix au Niger.
Mais, ce n’est pas pour autant qu’on doit rester dans l’impasse et refuser le soutien des pays amis. Même si au départ, nous avions beaucoup cru à une solution interne, la plus souhaitable et durable entre frères d’un même pays.
Peut-on vraiment arriver au dialogue si au plus haut sommet de l’Etat, on refuse de reconnaître l’existence de la rébellion armée ?
Dans un conflit chacun à ses arguments. Les autorités campent sur la légalité, sur le droit en disant qu’il faut passer par les voies légales pour poser toute revendication. Ce sont des arguments forts dans un contexte de démocratie.
Les rebelles eux, soutiennent qu’ils ont des revendications. Qu’ils veulent les faire entendre par tous les moyens, parce qu’ils pensent que les voies démocratiques ne leurs sont pas efficaces.
Nous sommes ainsi mis devant une réalité qu’il va falloir gérer. C’est vrai, l’Etat a ses moyens, ses méthodes. Mais chacun a le devoir d’apporter sa contribution dans la résolution de cette crise.
A quelques jours de l’expiration de l’état de mise en garde de la région d’Agadez déclarée en fin août par le président de la République, comment se présente la situation des droits de l’homme dans cette région où plusieurs personnes avaient été arrêtées sans inculpation ?
L’état de mise en garde est une mesure légale prévue par la loi. Il appartient au gouvernement d’apprécier pour savoir si elle doit être renouvelée ou passer à une autre étape. Pour moi, la solution n’est ni militaire ni celle de la rue, comme on a voulu qu’elle soit à un moment donné. Il y a certaines méthodes qui sont complètement dépassées, il faut qu’on revienne à la réalité, à la raison.
Pour ce qui est de la situation des droits de l’homme dans la région, vous savez que dans un contexte de conflit, on peut assister à toute sorte d’acte. Certains volontaires, d’autres involontaires avec des effets collatéraux. C’est vous dire que ce terrain n’est pas favorable aux droits de l’homme.
Globalement il n’y a pas eu de violations massives des droits de l’homme. Même si on déplore sur le terrain certains cas. Mais pouvons t-on les éviter dans un tel contexte ?
Nous avons intérêt à sortir rapidement de cette situation conflictuelle pour retrouver la stabilité, la paix sans lesquelles on ne peut pas parler d’Etat de droit et de respect des droits de l’homme.

Interview réalisée par Albert Chaibou
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